Armoire Rene Gabriel

890,00 €

Armoire de sinistré en chêne — années 1940

Celle-ci n’est pas seulement une armoire. Elle porte avec elle un morceau de l’Histoire.

Lorsque je l’ai achetée, un petit mot accompagnait le meuble. Quelques lignes manuscrites transmises par la famille de ses anciens propriétaires :

« Armoire de sinistré. Cette ville d’Amiens, évacuation en 1940, retour en 1941. Plus de rue, tout a été bombardé et brûlé. L’État octroie aux sinistrés 1 lit, table, chaises et une armoire. L’armoire restera dans ma famille. »

Difficile de regarder ce meuble de la même façon après avoir lu ces quelques mots.

Cette armoire nous ramène aux années de guerre et à la reconstruction de la France après les destructions de la Seconde Guerre mondiale. Amiens fut durement touchée par les bombardements et des milliers de familles durent reconstruire leur quotidien, parfois à partir de presque rien.

Dans ce contexte de pénurie et d’urgence naît une nouvelle manière de concevoir le mobilier : simple, robuste, fonctionnel, économique en matière et facile à produire. Des créateurs comme René Gabriel participeront à cette réflexion autour du mobilier de série et de la Reconstruction. En 1947, Gabriel dessine notamment pour les logements reconstruits du Havre un mobilier aux formes simples, héritier de la menuiserie traditionnelle mais pensé pour une fabrication industrialisée. Mad Paris

Cette armoire en est particulièrement représentative.

Pas de sculpture inutile, pas de bois précieux, pas d’ornementation ostentatoire. Sa beauté vient justement de sa sobriété : deux grandes portes à panneaux, des lignes droites, quelques rainures horizontales, de petits pieds légèrement inclinés et surtout un bois laissé pleinement visible.

À l’intérieur, elle est tout aussi rationnelle : de nombreuses étagères réparties sur deux espaces offrent une très belle capacité de rangement malgré des dimensions relativement compactes.

Restaurer sans effacer son histoire

À son arrivée à l’atelier, cette armoire avait déjà derrière elle plusieurs décennies de vie.

Elle a été entièrement décapée, soigneusement nettoyée puis réparée et consolidée là où cela était nécessaire. Le bois a ensuite été préparé avant de recevoir une nouvelle finition protectrice destinée à révéler sa teinte naturelle et son veinage.

Je n’ai évidemment pas cherché à la rendre neuve.

Parce que sur un meuble comme celui-ci, les marques du temps ont une importance particulière. Elles racontent ses déménagements, ses propriétaires, les maisons dans lesquelles elle a vécu et une histoire familiale qui a traversé plus de 80 ans.

Le petit mot qui m’a été transmis avec elle sera d’ailleurs conservé avec l’armoire, afin que son histoire ne disparaisse pas au prochain changement de propriétaire.

Et c’est probablement ce qui rend cette pièce si particulière.

À l’origine, elle n’a pas été pensée comme un meuble précieux. Elle répondait à quelque chose de beaucoup plus essentiel : permettre à une famille de recommencer à vivre après avoir tout perdu.

Aujourd’hui, plus de huit décennies plus tard, elle est toujours debout.

Et elle est prête à entrer dans une nouvelle maison sans oublier celles qu’elle a connues avant.

Dimensions : H. 173,5 × L. 125,5 × P. 49,5 cm
Matière : chêne
Époque estimée : années 1940, période de guerre / Reconstruction
Type : armoire dite « de sinistré », mobilier fonctionnel d’après-guerre
Attribution : dans l’esprit du mobilier de Reconstruction développé notamment par René Gabriel ; attribution directe à René Gabriel non établie
Particularités : deux portes, nombreuses étagères, construction démontable et histoire familiale documentée.

Options de livraison:

  • via transporteur (démontée): 140 euros sous 2-7 semaines
  • retrait à l’atelier (sous 7 jours)

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